Le Mendiant

Le mendiant, Pixabay

 

Ma gamelle dérisoire sert de tirelire.
Les temps sont difficiles : pas la moindre lire !
Et je peux les compter sur une seule main
Les quelques « merci bien » que je lance à l’Humain.
Moi, je ne savais faire : qu’à peine un peu de lyre,
Mais qui en me voyant oserait ouïr et lire
La chanson de mon vieux cœur ! Oui ce Romain !
Il faut m’en occuper, et étendant la main
Je déclame « charité charité j’ai faim ».
Je le vois s’approcher, un bon repas enfin !
Mais rien dans ma gamelle, seulement un sourire
Mêle nos regards. Si je n’avais pas faim
Quel réconfort, quelle amitié que ce défunt

Sourire de mon corps… qui s’anime mais soupire.

 

*** Gen 20 octobre 2007***
Numéro 1003
Publié dans La mélancolie

 

 

 

Pierrot
&
Colombine
In tristitia hilaris,
in hilaritate tristis
(gai dans la tristesse,
affigé dans la gaieté *)
Comme un Jésus-Christ dans le soir,
Habillé de jute blanche et noire,
Pierrot, comme un jaseur de lune,
Est seul dans la nuit brune.

 

Jeté là, sans joie, immobile,
A Jersey, île si tranquille
Mais son âme est orpheline,
De sa chère Colombine.

 

Un jour douloureux, il traîne
L’infinité de sa peine
Jetant d’un revers de main
La jungle de mon chagrin.

 

Accablé le teint blafard,
Jeune silhouette dans le brouillard,
Sans jaquette ni chandelle,
Sans Jaguar, un lien éternel,

 

Il serre jointe, fantasmagorique,
Une jacinthe de Jamaïque,
Fébrilement, ses doigts l’effeuillent
En cette triste nuit de deuil.
*** Gen 12 octobre 2015***
Numéro 1002
Publié dans La mélancolie

 

* Epigraphe de Giordano Bruno

 

 

 

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