La Datte, une Nourriture Miracle.


 

Cet article d’Abderrahman Hanafi sur les fruits du Phoenix dactylifera (Palmiers) est très intéressant.

Il s’agit d’un arbre qui croît principalement dans une contrée de l’Afrique nommée le Bled-el-Djérid ou pays des dattes, terre des palmiers.

Le palmier-dattier est la Providence des Arabes. La sève fermentée leur donne le vin de palmier qu’ils appellent Lakhbi. Les jeunes palmes constituent une nourriture délicieuse. Quant aux dattes, les Arabes en font différentes préparations.

Les dattes sont des baies allongées, grosses comme un pousse, se couvrant d’épicarpe fauve, lisse, luisant.

Leur chair sucrée renferme 70 % environ de saccharose et de sucre et recouvre un noyau. Il existe les dattes molles et les dattes sèches.

A maturité, certaines sortes de dattes (Ghars) laissent écouler un miel abondant et le résidu forme une sorte de tourteau, dit pain de dattes.

Les dattes les plus molles renferment 25 % d’eau et jusqu’à 70 % de sucre.

Les dattes sèches peuvent être réduites en farine, ce sont celles-ci qui sont officinales.
Les dattes fournissent une nourriture très supérieure au sucre de canne ou de betterave, en raison des sels minéraux, de la vitamine A (ou de carotène) qu’elles apportent ainsi que de quantités de vitamines B et D.
Les dattes sont adoucissantes, elles font partie des quatre fruits pectoraux ainsi que de quelques préparations.

 

 

Sources : Dorvault

Voyage en Egypte à Louxor et au Caire


Karnak

Karnak

Grand temple de Karnak à 6 heures du matin, l’un des quatre grands prêtres du dieu Amon se purifie dans la maison du matin. Accompagné de quelques initiés il prend l’encensoir, s’avance lentement vers le sanctuaire situé tout au fond du temple en traversant la grande cour et l’immense salle aux 134 colonnes de 23 mètres de haut pour arriver devant les portes du sanctuaire qui contient la statue en bois doré du dieu Amon.

Tout au long de son parcours il fait des purifications avec les parfums d’essences de pin et de cèdre. Au nom du Pharaon, il brise le sceau d’argile du sanctuaire, tire le verrou et ouvre les deux battants, faisant apparaître Amon lui-même. Il se prosterne, répand ses essences sur la statue et prononce des incantations. Il donne ensuite vie au Dieu en lui présentant l’œil d’Horus, frère d’Osiris, symbolisant la connaissance et une statuette de la fille de Ré, la déesse Vérité. Le dieu Amon est ensuite tiré dans la cour du sanctuaire pour y subir la divine toilette.

On le déshabille, on le lave, on l’encense, on le rhabille, on le parfume et on le replace dans le sanctuaire avec un repas complet. Chaque matin la même cérémonie se reproduit. Le grand prêtre referme le sanctuaire, pousse le verrou et scelle à nouveau les portes. Il se retire à reculons en effaçant symboliquement la trace de ses propres pas.

DIAPORAMA

Luxor et Le Caire, début 2009

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Nous étions à Louxor, près de Karnak, et nous sommes arrêtés dans cette ville d’environ 30 000 habitants, construite sur les ruines de l’ancienne Thèbes qui fut l’une des cités les plus importantes d’Égypte. A peine éloignée de notre hôtel, nous fûmes sidérés par le spectacle qui s’offrait à nous. Vous voyez Louxor et Louxor vous monte à la tête. C’est un vertige. Des felouques voguent sur les champs verdoyants, de trèfles, des calèches sillonnent des déserts roses, il y a des temples au fond du Nil et leurs colonnes s’élèvent à fleur d’eau, les fellahs ont de l’or dans les cheveux, ce sont les fagots de canne à sucre qu’ils transportent sur leur tête. On parle arabe, anglais, allemand, russe ou français.

Des mains : « backchich, backchich », des visages : « un guide ? bagages ? hôtels ? souvenirs ? » vous accrochent, vous harcèlent. Ici, nous sommes tous des princes. L’art, l’architecture, la pierre y sont à leur paroxysme. Ice, pendant plus de 500 ans (de 1580 à 1085 avant J.-C.), les Pharaons se sont succédé, dans une délirante surenchère, à la construction d’édifices grandioses. Durant cette époque, nous conte Homère, la « Thèbes aux cent portes » comptait un million d’habitants. C’est le royaume de la folie des grandeurs et celle-ci vous transporte d’une manière prodigieuse.

Enfin, une rencontre impossible à ignorer, celle de l’histoire copte avec l’Histoire sainte.

Au musée Copte du Vieux Caire, au monastère d’Assiout, dans de nombreuses églises, une volumineuse iconographie retrace la vie de Jésus. Car c’est sur la terre des Pharaons qu’eut lieu cet évènement que n’ignore aucun chrétien : la fuite en Égypte de Joseph et de Marie sauvant Jésus des soldats du cruel Hérode. Combien de temps dura le séjour de la Sainte Famille en Égypte ? Entre un an et sept ans selon les sources. Les traces miraculeuses de son voyage à travers l’Egypte montrent cependant que Jésus voyagea au moins durant 3 années sur les rives du Nil.

Entrée en Egypte par la route qui traverse le Sinaï, la Sainte Famille marque de nombreuses étapes autour du Delta, puis remonte le Nil en bateau jusqu’en Haute Égypte sur les lieux de l’actuel Assouan, où fut fondé le fameux monastère d’Al Muharraq dédié à la Sainte Vierge. C’est à ce point du voyage qu’un ange apparaît en rêve à Joseph lui annonçant la mort d’Hérode et que par conséquent son retour en Palestine ne présente plus aucun danger.

Les textes et les icônes coptes font de ce voyage une sorte d’épopée pleine d’évènements merveilleux. Pour n’en citer que trois, le premier s’intitule « l’Arbre de Marie ». Cet arbre était dans la localité de Balbeis et offrait son ombre généreuse aux voyageurs fatigués. La Sainte Famille vint un jour s’y reposer. Ce qui pour un arbre est un insigne honneur. L’histoire en serait restée là si, des siècles et des siècles plus tard, les soldats de Napoléon, passant par là, n’eurent l’idée d’abattre l’arbre. Au premier coup de hache, l’écorce saigna comme blessure humaine. Ce qui refroidit instantanément l’ardeur des vandales.

Le deuxième : « le Balsame sacré ». Non loin du Nil, sur la rive est, un village appelé aujourd’hui Matarieh. En cet endroit naquit un ruisseau pour accueillir la Sainte Famille. Jésus y étanche sa soif, Marie y lave les vêtements. Là où elle jette l’eau de sa « lessive », sur le sol aride pousse aussitôt cette plante odoriférante, le balsame qui sera depuis lors l’un des ingrédients sacrés de l’huile servant aux différentes onctions rituelles dont celle du baptême.

Enfin, « l’Empreinte sur la montagne ». Cet épisode se situe alors que la Saint Famille remonte le Nil. Le bateau croise alors à hauteur du Gehel El taïr quand un pan de la montagne se détache et menace d’écraser les navigateurs. A ce moment Jésus intervient et de sa main repousse l’énorme rocher où il laisse l’empreinte de sa paume.

 

Avec une croix ou avec un croissant, Égypte est terre des miracles

Les « felouques » sont de fameux bateaux. Transporteurs toutes catégories : passagers, marchandises, animaux. Pour peu qu’il y ait de l’eau, ils passent grâce à leur fond plat, comme ici sur un canal d’irrigation qui fait office de « départementale ».

Le 5 février 2004, selon Alain Rey, d’après un sondage, il s’est avéré qu’on avait trop parlé de voile. Nous n’en sommes pas si sûrs. Il arrive que les mots cachent les choses, au lieu de les révéler. A contrario, le voile, qui est fait pour cacher, révèle. Des voiles, il y en existe beaucoup et sous tant de formes : en quelques années, selon l’actualité, on a parlé en français de tchador et de tchadri, mots persans, de hijab, mot arabe, de burqa. Sans oublier le mot français : foulard.

C’est le velum latin qui a produit le mot français voile. Car velum c’était surtout une tenture, un tissu servant de rideau. Le voile, comme la voile des vieux gréements et de la plaisance, descendent, par le latin, d’une racine indo-européenne très ancienne, weg, « tisser ».

Les religions ont des pouvoirs : dès qu’on parle de voile, en français, c’était au XIIe siècle, on désigne celui des religieuses. Cacher les cheveux, cacher en partie le visage, cacher non seulement la peau mais les formes du corps, c’est l’une des fonctions du voile. Comme l’idéologie des civilisations traditionnelles, reflétant les intérêts masculins, est toujours très active, le voile de tête et de corps a toujours concerné les femmes. Si le voile est visible, il est fait pour rendre invisible une partie de l’espèce humaine, avec tous les effets que cette inégalité produit.

Cacher, couvrir, dissimuler, masquer le réel, c’est très poétique au figuré, ça l’est moins quand on efface la chevelure, l’expression du visage qu’arbore sans complexe la gent masculine. Il y a bien des voiles pour hommes, mais justement le litham des Touaregs ne pose pas de problème à la laïcité.

Ce principe républicain ne cherche pas à voiler ni à chasser les convictions religieuses, mais à établir une neutralité et un respect réciproques. La querelle du visible, de l’extensible et de l’ostentatoire n’est pas une querelle religieuse. Faire voir, montrer ou étaler les signes d’une appartenance communautaire, voire politique, c’est vraiment autre chose que de forcer les femmes à se cacher. Cela dit, si elles tiennent à rester voilées Alain Rey pense que le seul remède est la pédagogie et, justement l’école. Faire passer le voile féminin pour l’affirmation de la fierté d’être musulmane, et non pour un signe antirépublicain et antiféministe, est une manœuvre politique dans le style du professeur Tarik Ramadan.

Le voile cache, c’est son but premier et pas que des cheveux; il cache les droits de la femme qui font partie des droits de l’homme et qui les garantissent. « Le goût des mots ».

La liberté des uns, celle des autres


La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres

 

Femme porteuse d'un haïk

Le Haïk est un voile blanc porté par les femmes Algériennes de générations en générations. Il entoure le visage comme sur la photographie, vous pouvez vous-même essayer d’habiller le vôtre d’un voile identique en le tenant par le pouce et l’index. Il peut être beau à condition d’être bien mis en valeur par celle qui le porte. La voilette qui l’accompagne s’appelle laädjar. Bien que le Haïk ait pratiquement disparu, sauf chez une minorité de femmes, le voile a toujours été dans l’Algérois, la tenue typique des femmes.

Retour du Haïk. A l’heure où en France le port du voile fait polémique, on lit dans la presse Algérienne que le Haïk traditionnel, serait de retour. Pourtant, Hidjeb et djellaba se sont substitués au Haïk car, si l’on en croit beaucoup de femmes gênées dans leur mouvement des mains par ce voile, il manque de praticité. Il semblait mort et enterré, en fait, c’est faux : ce symbole de l’Algérie, ou haïk traditionnel, renaîtrait de ses cendres. Dans la rue de la Lyre (z’niqet l’aârayes), selon le quotidien de presse, Soir d’Algérie, quelques commerces spécialisés dans les articles de la mariée seraient même tout-à-fait en rupture de stock.

Les constatations de Monsieur Abada. Monsieur Abada est spécialisé dans la vente d’articles traditionnels et il tient une boutique dans la rue Bouzrina. Voici ce qu’il révèle au journal : «En effet, le haïk et son corollaire l’aâdjar reviennent en force. Les femmes renouent avec le voile ancestral après l’avoir abandonné durant les années noires au profit du hidjab. Plus particulièrement les anciennes Algéroises, la soixantaine et plus, qui sont restées fidèles au haïk de leurs aînées. D’ailleurs, elles en possèdent deux en général. L’un en tergal pour tous les jours et l’autre en soie. Le fameux « hayak m’rema » pour les fêtes et autres heureux événements ».

Le trousseau de la jeune mariée. L’enseigne «A la Rose Blanche», est un autre magasin spécialisé dans les articles de mariées. Toujours selon le reportage de Sabrinal, sur place, dans la rue Vialar, perpendiculaire à la rue Bouzrina, ex-la Lyre, la vendeuse s’explique : «Cela fait quatre ans que je suis derrière ce comptoir ! et je peux affirmer sans l’ombre d’un doute que je vends de plus en plus de haïks et de voilettes. D’une telle façon, que je dois régulièrement relancer la commande auprès de mes fournisseurs.

Les prix. De nos jours, les mariées préfèrent sortir de chez elles avec le haïk plutôt qu’avec le burnous. Même les femmes qui portent le hidjab achètent un haïk qu’elles portent spécialement pour se rendre dans une fête ». Un m’rema pure soie coûte 7 200 DA. Le haïk demi-soie revient à 6 200 DA. Le plus simple c’est le haïk en tergal qui vaut environ 2 000 DA. Il n’existe qu’une seule couleur pour les voilettes, le blanc. Les voilettes cousues sur de l’organdi de Suisse coûtent 250 DA et l’ aâdjar travaillé au crochet et monté sur du nylon est à 200 DA. Un travail cousu main.

La renaissance du traditionnel haïk rappellera sa blancheur d’antan à Alger la blanche. Le pays voit d’abord son propre intérêt, si modeste et immédiat soit-il, il y pensera avant tout pour perpétuer la tradition. Si le cœur perçoit ce que l’œil ne voit pas, alors la polémique qui fait rage en France va continuer. Nous sommes dans une démocratie et le Haïk perdure. Comment une femme peut-elle se débarrasser aussi facilement d’une identité qui lui est propre, d’une culture ? Les choses ne prennent de valeur que dans leur contexte et le contexte du haïk est une Société où la femme avait un rôle différent à jouer de celui qui lui est assigné à nos jours. Alors le fait qu’elles y tiennent encore, dans la composition de leur trousseau est le signe d’un attachement ancestral qui représente une bien belle chose finalement.

Sources : Selon les informations du blog Ghadames, blog : Les mots.

Remerciement à lui de nous les faire partager.

La danse orientale


La danse orientale est souvent pratiquée par les femmes, et appréciée, elles expriment ainsi au travers de cet art, leur féminité et leur vitalité. Elles doivent avant tout acquérir l’avantage de la puissance et de la maîtrise de leurs mouvements. Toutefois, la danse orientale connaît un inexorable déclin dans le monde arabe. De Marrakech au Caire, le puritanisme religieux menace cette pratique. A tel point que l’un des plus grands festivals de la discipline se tient en 2014,  en Israël.

 

Révélations – actualité Maroc


Voici un article qui a pu voir le jour grâce blogueur Ghadames, il y a plus d’une semaine sur le site d’information Slateafrique dans lequel le journaliste marocain Ali Amar évoque d’une façon très personnelle la nature des liens entre la secrétaire d’état américaine Hillary Clinton et la famille royale marocaine. Plus que des liens, amabilités et cadeaux royaux se sont échangés entre l’Amérique et le Maroc, alors bien sûr, à la lecture de cet article, on ne peut manquer de se dire que malgré les tentatives de rapprochements, une rivalité existe bel et bien entre ces deux royaumes, l’Algérie et le Maroc. Et, elle ne semble pas prête à se ternir. Dans l’article ci-dessous, j’ai omis intentionnellement ou rectifié tout ce qui ne me semblait pas loyal, comme les jugements de valeur.

ACTUALITÉ MAROC

 

Révélations sur les liens privés en royaume chérifien

 

Les faits

 

En visite officielle au Maghreb pour parler de la situation en Syrie, la secrétaire d’Etat américaine a renoué avec ses amitiés chérifiennes. De Londres où elle devait participer à un sommet sur la paix en Somalie, la secrétaire d’Etat américaine s’est envolée pour un triplé maghrébin : en Tunisie, en Algérie, où elle a rencontré Abdelaziz Bouteflika, puis au Maroc.

Au programme de cette visite : le Printemps arabe, la Syrie, le Sahara et, en ligne de mire, l’UMA. Au Maroc, le protocole prévoyait qu’elle soit d’abord accueillie le 26 février par son homologue aux affaires étrangères, Saâd Eddine El Othmani, puis par le Premier ministre, Abdelilah Benkirane pour inaugurer le nouveau bâtiment de l’ambassade américaine à Rabat. Mais pour bien marquer sa prééminence sur la diplomatie, le Palais a fait en sorte que ce soit Taieb Fassi-Fihri, conseiller du roi et ancien ministre des affaires étrangères qui la reçoive en premier.

Ceci serait un camouflet pour le gouvernement islamiste qui illustre encore une fois la suprématie du «cabinet de l’ombre», mis en place Mohammed VI pour la gestion des affaires stratégiques du royaume. Une rencontre avec Mohammed VI n’était pas inscrite dans l’agenda de la secrétaire d’Etat. Du moins pas officiellement, et rien n’a filtré sur une entrevue informelle qu’elle aurait pu avoir avec le souverain chérifien, qui aux dernières nouvelles, se trouvait justement aux Etats-Unis.

Au Maghreb, Mme Clinton aurait toujours eu un tropisme prononcé pour la monarchie alaouite. La presse algérienne ne s’y trompait pas comme El Watan qui a commenté sa venue dans la région en disant avec taquinerie que «les secrétaires d’Etat américains n’ont pas pour habitude de poser leurs valises à Alger comme ils le font cycliquement à Marrakech ou Rabat».

Une vengeance sur les infidélités de Bill ?

L’histoire intime d’Hillary Clinton avec le Maroc remonte à 1999, lorsqu’elle était alors la première dame des Etats-Unis. A l’époque, en pleine tornade médiatique provoquée par l’affaire Monica Lewinsky, Hassan II l’avait invitée en son royaume pour, dit-on, la consoler des infidélités de Bill, le président volage.

La First Lady aurait accepté de bon cœur cette sollicitude royale, elle qui voulait faire du Maroc la dernière étape tranquille d’un long périple au Proche-Orient. La presse américaine avait fait ses choux gras de cette escapade presque privée, relatant avec délectation « son crapahutage » dans l’Atlas, son extase devant la beauté des paysages du grand sud marocain, ses pérégrinations dans les villages berbères et ses chevauchées à dos de dromadaire sur les célèbres dunes de Merzouga aux confins du Sahara.

Le Washington Post avait dit que c’était au Maroc qu’elle s’était découverte une âme de diplomate. Hillary et sa fille Chelsea, à l’époque agée de 19 ans, avaient été «les hôtes du palais à une longue soirée de réjouissances» avant de retrouver «[leur] suite confortable de la Mamounia à Marrakech» rapportait le Post.

 

Aux funérailles de Hassan II

Quelques mois plus tard, cette fois-ci avec Bill et toujours Chelsea, elle devait assister aux obsèques de son hôte consolateur. Événement planétaire, les funérailles de Hassan II avaient donné lieu à une scène des plus surréalistes. Submergés par une marée humaine, les services de sécurité américains avaient été contraints de faire une entorse à leurs règles très rigides. Avec l’assentiment de son épouse, le Président avait tenu à prendre part, à pieds, à la procession qui suivait le catafalque du roi jusqu’à son mausolée.

Le voyant faire, Jacques Chirac l’imita sur le champ. «Le roi aurait voulu que je fasse ça, alors je l’ai fait» avait rapporté Bill Clinton dans ses mémoires. On apprendra par ailleurs qu’Hillary l’avait enjoint de s’y astreindre par respect au monarque défunt, comme il se doit dans la tradition musulmane. Pour elle, quelque part, c’était un proche qu’on enterrait ce jour-là.

En 2002, le couple présidentiel et leur fille unique étaient de nouveau en partance pour Rabat, mais cette fois-ci pour une occasion plus joyeuse. Ils étaient les invités de marque de Mohammed VI, l’héritier du trône, pour son mariage fastueux avec la princesse Salma.

Cinq caftans brodés d’or

Deux ans plus tôt, en juin 2000, lors de sa visite officielle à Washington, Mohammed VI avait offert cinq caftans brodés d’or à Hillary Clinton. Elle devait porter l’un d’eux lors du dîner officiel offert au roi à la Maison-Blanche. Elle avait même acheté un somptueux tapis marocain sur Internet. Dans son ouvrage The Finals Days, la journaliste Barbara Olson, une des célèbres victimes du crash du vol American Airlines 77 du 11 Septembre, rapportait que, conformément à la coutume, les présents reçus par le couple présidentiel devaient être déclarés à la fin du mandat de William Jefferson Blythe III.

Olson avait révèlé que «les caftans de Mohammed VI ne figuraient pas sur la liste des Clinton». En retour, la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, devait offrir des années plus tard un tableau de l’artiste américaine d’origine arabe Helen Zughaib au roi, et des boucles d’oreilles en or à la princesse Salma. C’est ce qu’affirme le Washington Post qui rendait compte d’une émission spéciale d’Inside the State Department, diffusée sur National Geographic Channel. Et c’est mieux, semblait dire le Post, que l’ iPod offert à la reine Elisabeth II ou la compilation de films américains qu’a reçu l’ex-Premier ministre britannique Gordon Brown.

Hillary et ses aïeux marocains

La légende voudrait que ses visites répétées au Maroc soient justifiées par l’existence d’un membre éloigné de sa famille qui vivrait dans la région de Marrakech. Une fiction devenue si populaire que certains guides touristiques en ont fait un argument de choix pour convaincre les Américains en goguette à «Kech» de quitter leurs riads de la médina pour s’aventurer sur les traces de supposés aïeux juifs d’Hillary qui auraient vécu à Rissani, une oasis pittoresque chargée d’histoire.

La secrétaire d’Etat aurait même visité la maison de son ancêtre qui avait, selon la fable, épousé une belle touriste américaine avant d’immigrer aux États-Unis. Mieux, aidée par une des sœurs du roi, elle aurait rencontré au mausolée Moulay Ali Cherif, fondateur de la dynastie alaouite, une cousine qui serait revenue sur la terre de ses origines. Mariée à un guide berbère, elle vivrait dans une kasbah nichée dans les contreforts de l’Anti-Atlas. Un bien joli conte oriental sur Hillary Rodham Clinton qui inspira la presse locale qui l’a surnommée depuis «Notre tante d’Amérique». En réalité, Hillary Rodham Clinton est issue d’une vieille famille protestante méthodiste…

Des liens d’argent tenus secrets

Mais plus sérieux sont les liens d’argent qui existent entre les Clinton et la monarchie marocaine. La Fondation Clinton compte en effet parmi ses heureux donateurs le roi du Maroc. Longtemps tenus secrets, ces liens ont été rendus publics lorsque Hillary a été choisie par Barack Obama pour diriger sa diplomatie, même si les montants versés par Mohammed VI n’ont jamais été divulgués avec précision. Le New York Sun a toutefois estimé que le monarque faisait partie de la troisième catégorie des donateurs en termes d’importance à la Fondation Clinton, sans compter les versements effectués lors des différentes campagnes politiques des époux. Après les «trustees», où l’on compte la famille royale saoudienne, les émirs du Qatar, du Koweït et de Dubaï, qui ont versé plusieurs millions de dollars, suivis des «philanthropes», le roi du Maroc se retrouve dans ce troisième groupe: celui des «humanitaires», dont le don est estimé dans une fourchette de 100000 à 500000 dollars pour la seule bibliothèque qu’a fait édifier la fondation de l’ancien président des États-Unis à Little Rock.

Pour marquer son attachement au Maroc, Hillary Clinton a tenu a donner son nom à un centre de promotion de la femme rurale du Moyen-Atlas au sein d’une université privée financée par des fonds saoudiens. En 2009, en marge du 6ème Forum for the future tenu à Rabat, elle a du subir des critiques acerbes sur sa proximité avec la monarchie alaouite: elle fut accusée «d’hypocrisie envers une dictature». Pour son mariage en 2010, sa fille Chelsea se fera livrer des milliers de fleurs rarissimes du Maroc d’un coût de 380000 euros. On chuchottait alors qu’elles étaient la création des laboratoires des domaines agricoles de Sa Majesté…

Le Maroc, «pays modèle»

Et la diplomatie dans tout cela? Hormis quelques câbles de diplomates zélés envoyés de l’ambassade américaine de Rabat au Département d’Etat dont personne n’aurait soupçonné l’existence sans ceux qu’ils appellent les « empêcheurs de tourner en rond de WikiLeaks », rien ne saurait ternir la belle amitié de la secrétaire d’état avec la famille régnante du Maroc.

Accord de libre-échange, aides économiques du programme Millenium Challenge Account récompensant les plus fidèles alliés du monde arabe, soutien sans faille dans le dossier du Sahara Occidental, coopération militaire et sécuritaire, ventes d’armes. Faudrait-il alors s’étonner que sur les révolutions arabes et le Maroc, Hillary Clinton, qui a évidemment loué la nouvelle Constitution marocaine, ait donné son avis avant de fouler à nouveau le sol si hospitalier du royaume ? : «Le peuple syrien mérite les mêmes transformations politiques réussies opérées dans certains pays arabes, dont le Maroc», a-t-elle déclaré quarante-huit heures avant sa venue. Elle n’aurait pas prononcé un mot sur le Mouvement du 20 Février qui réclame depuis un an des réformes politiques concrètes, ni sur la poussée de fièvre des autorités autour de la sacralité du trône.

Presse et société civile marginalisées

Ce n’est donc pas par hasard que l’ONG Human Rights Watch a demandé à la Secrétaire d’Etat de presser Rabat pour amender «ses lois qui infligent des peines de prison pour des actes d’expression pacifiques». L’ONG cite notamment les articles de la loi punissant de peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison des propos jugés offensants concernant la religion musulmane, la monarchie et l’intégrité territoriale.

L’a-t-elle fait alors qu’elle venait d’annuler sa rencontre prévue avec la société civile marocaine immédiatement après celle tenue avec le conseiller royal aux affaires diplomatiques ? Beaucoup en doutent, surtout la presse marocaine qui aurait tant voulu la questionner sur ce sujet et bien d’autres. Elle n’en a pas eu l’occasion, comme le rapporte le site d’information indépendant Febrayer qui raconte comment les médias marocains ont été marginalisés lors de la conférence de presse où seules des questions sécuritaires ont été abordées. «Même lors du déjeuner, seuls les journalistes américains ont eu le privilège d’être attablés, la presse marocaine n’a eu droit qu’à un sandwich, debout dans les travées de la salle», rapporte Febrayer.

Exclus des débats, les journalistes locaux ont eu maille à partir avec le service de sécurité de Mme Clinton, comme le rapporte Omar Brouksy, le correspondant de l’AFP sur sa page facebook: «Dans l’enceinte du ministère des Affaires étrangères à Rabat, temple de la soi-disant souveraineté marocaine, les journalistes indigènes, dont je fais partie, ont été copieusement fouillés par les gorilles -tenez-vous bien- américains, venus protéger Mme Hilary Clinton. (…) Ils ont fouillé mon sac-à-dos comme si j’étais un terroriste, un vrai.

D’autres gorilles américains ont fait la même chose à tous les autres journalistes indigènes. Comme moi. Dans mon sac-à-dos, ils ont «découvert» un stylo à encre (…). Ils ont voulu le «démonter» mais ils n’y sont pas parvenu. Je ne sais pas s’ils l’ont reconnu comme étant un stylo, c’est-à-dire un objet avec lequel on peut écrire -ou dessiner- des choses sur un papier». «Beaucoup de choses ont changé depuis ma dernière visite au Maroc il y a quelques années, sauf notre engagement dans notre amitié envers ce pays», dira Hillary Clinton lors de ce point de presse.

 

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Apparemment les amitiés d’Hilary Clinton font souffrir les algériens. Mais à lire les journaux concernés, toute la classe politique américaine jouit des mêmes privilèges au Maroc, semble-t-il. Et, si en Algérie on trouve ce genre d’articles, la presse est-elle aussi libre qu’elle veut bien le dire ou le faire croire. Et pour aller plus loin, représente-t-elle tout-à-fait le peuple algérien ? Le principal étant, ce soir, d’avoir remercié  Ghadames en publiant l’article qu’il m’a envoyé. Et je vous laisse le plaisir de découvrir son blog avec le lien ci-dessous.

Presse : SlateAfrique – El Wata. Ali Amar.