Les gels hydro-alcooliques font cruellement défaut.

 

L’épidémie du Covid-19 est désormais pandémie de fait ; mais son extension ne nuit pas à la prévention vis-à-vis de cet ennemi, dont le premier geste combatif est assuré par le lavage des mains à l’eau et au savon. Puis avec du gel hydro-alcoolique. Nous n’en sommes pas à notre première pandémie dans l’histoire, en ce temps-là, on voyageait beaucoup, sans doute moins rapidement qu’aujourd’hui, mais tout autant. Covid-19 n’est pas une exception. Il circule lui aussi. On le voit en Chine centrale à Wuhan, puis en France, il pousse même jusqu’à Rome, en Espagne, en Iran, en Corée du Sud. Les dirigeants conseillent des mesures sanitaires. Tous ont le même souci impérieux : l’éradiquer.

Bien sûr, vous connaissez  de quoi se compose le gel hydro-alcoolique désinfectant :

Gel hydro-alcoolique

Ce gel se compose de 96 % d’éthanol  substituable par de l’alcool  spiritueux ou isopropanol à 99,8 %. D’eau oxygénée à 3 % (peroxyde d’hydrogène) et de glycérol (ou glycérine) à 98 % et d’eau distillée.

Puisque ces produits sont disponibles en pharmacie aussi croyons-nous sans peine, puisqu’ils viennent à manquer, que nous pouvons les fabriquer à la maison. (Voir)

LES GLYCÉRINES

Appuyés sur l’officine Dorvault, voici par curiosité voici quelques renseignements au sujet des glycérines. Certes ils ne remplaceront pas un avis professionnel mais ils peuvent s’avérer utiles aux plus curieux pour se renseigner sur la composition des produits que nous utilisons.

GLYCÉRINE ANHYDRE – Glycérol (D.C) Propanetriol

Scheele en 1779 découvrit « le principe doux des huiles » dans la préparation de l’emplâtre simple.

Chevreul, en 1811, montra que les corps gras, en se saponifiant(1) avec l’eau, donnaient tous un produit neutre soluble dans l’eau, qu’il appela glycérine et qu’il identifia au « principe doux des huiles » de Scheele.

En 1855, Berthelot établit définitivement que la glycérine était un alcool tribasique (ou trialcool) composés de corps gras, reproductibles par synthèse, appelés esters.

En effet, les esters sont des corps gras naturels ou de synthèse de mélanges variables, 3 molécules d’acides gras (starique, oléique, palmitique) unies à une molécule de glycérine avec élimination de 3 OH2.

La glycérine ne se produit pas seulement dans la saponification des corps gras. Pasteur a montré qu’elle apparaissait en petite quantité (2/3 % du sucre en jeu) dans la fermentation alcoolique du glucose ; de cette manière, le vin en contient-il de 4 à 10 g par litre.

Pour synthétiser totalement la glycérine, selon Friedel et Silva, il faut chauffer le chlorure de propylène avec du chlorure d’iode de façon à obtenir la trichlorhydrine (ester trichlorhydrique de la glycérine) qui, par saponification, fournit la glycérine.

PRÉPARATION DE LA GLYCÉRINE

 

Il existe divers procédés :

 

1/ Dans la fabrication du savon de Marseille, elle représente le produit résiduaire ; elle reste en solution dans l’eau lorsque le savon a été précipité par le chlorure de sodium.

2/ Dans la fabrication des bougies d’éclairage et la préparation de savons mous potassiques, la saponification des corps gras peut s’effectuer en l’absence des alcalis au moyen des acides minéraux ; par exemple en les traitant à 150° par l’acide sulfurique à 3 % environ ; la glycérine sépare les acides gras alors insolubles dans l’eau.

3/ En l’absence d’alcalis, on note que la vapeur d’eau seule mais surchauffée presque vers 300° dédouble certains corps gras facilement saponifiables tels que l’huile de palme ! 

4/ Connstein, Hayer et Wartenberg ont observé que certaines graines comme le ricin contenaient un ferment capable de dédoubler les corps gras en présence de l’eau acidulée à une certaine température (20 et 40°). Cette application industrielle, et bien d’autres, ont permis d’obtenir des glycérines très pures.

Glycérine de synthèse

Au début de la guerre de 1939, les USA mirent au point la fabrication synthétique de la glycérine.

Cette synthèse part du propylène obtenu par cracking du pétrole ; la glycérine de synthèse obtenue par cette technique possède l’avantage d’être anhydre ; l’Europe pratique maintenant cette technique implantée d’abord aux Etats-Unis ; les unités de fabrication de glycérine sont obligatoirement de grosses installations dont la production couvre les besoins de plusieurs pays ; c’est en Hollande que la première unité vit le jour vers 1958, puis une seconde depuis ;

En effet, si la consommation de la glycérine est toujours très importante, même nous le constatons aujourd’hui lors de l’épidémie de CV-19 avec la demande de gels hydro-alcooliques, la fabrication de glycérine à partir des savonneries a vu son importance diminuer beaucoup, par suite du remplacement des savons par les détersifs de synthèse, ce qui a nécessité l’installation des usines de glycérine synthétique pour compenser la diminution de la production de glycérine de savon.

Pharmaceutiquement parlant, la glycérine synthétique remplace parfaitement la glycérine officinale, la pureté est très satisfaisante, seule la teneur en eau est différente.

PURIFICATION

Le procédé de distillation purifie les glycérines brutes industrielles, sous pression réduite, dans un courant de vapeur d’eau surchauffée.

PROPRIÉTÉS

Le glycérol pur est un produit cristallisé fondant vers 18-9° mais restant ordinairement en surfusion à la température ordinaire et même au-dessous de 0° à moins que l’on n’amorce sa cristallisation.

CONSERVATION :

En récipients bien bouchés

INCOMPATIBILITÉS

Acide nitrique, acide chromique, bichromates et permanganates. La glycérine donne, avec ces corps oxydants, des réactions souvent violentes et dangereuses.

USAGE THÉRAPEUTIQUE INTERNE

La glycérine irrite la muqueuse intestinale ; d’où son emploi comme laxatif ; pour éviter d’irriter trop l’estomac, elle peut s’administrer en lavements ou en suppositoires. Elle a été préconisée comme fluidifiant de la bile, contre la lithiase biliaire (20 à 30 g dans un peu d’eau minérale en cas de colique hépatique ; 5 à 15 g/jour à titre préventif). Employé dans la tuberculose et comme remplaçant du sucre en cas de diabète.

USAGE THÉRAPEUTIQUE EXTERNE

On l’utilise en stomatologie, en obstétrique et en dermatologie (glycérés). Elle est utilisée en pansement des muqueuses enflammées (angines) et pour la préparation de solutions phénolées.

 

FABRICATION DU GEL HYDRO-ALCOOLIQUE PETIT MODELE

 

Au moyen d’un récipient gradué,  verser 417 millilitres d’alcool.

Ensuite, il faut y ajouter 21 millilitres d’eau oxygénée et 8 millilitres de glycérine.

Terminer la préparation avec un ajout d’eau plate à hauteur de 55 millilitres.

 

 

(1) Saponification : La saponification est, dans un cadre général, une réaction chimique transformant un ester en ions carboxylates et un alcool. Il s’agit en fait de l’hydrolyse d’un ester en milieu basique. Cette réaction permet la synthèse du savon.

Image par mohamed Hassan de Pixabay

2 commentaires

  1. Très intéressant, surtout en ce moment. Je comprends la place que la glycérine tient dans ma vie journalière. Pour la fabrication personnelle de gel hydro-alcoolique, j’aimerais connaître la nature et le degré de l’alcool utilisé.
    Yves

  2. Author

    Bonjour, Merci pour le passage. Vous pouvez utiliser de l’alcool (pharmacie) à 70 %. Crdlt

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