L'empoisonneuse

La légende

Je m’appelle Circé, sœur de Pasiphaé et d’Eétès, fille du Soleil et de la nymphe Persa, une des Océanides, ou suivant d’autres,  du Jour et de la Nuit.
Je suis une magicienne habile et j’ai la capacité de faire descendre les étoiles du ciel, mais ce que je préfère par-dessus tout, est d’empoisonner mes congénères.
Ma première tentative,  pour expérimenter mon talent,  fut sur le roi des Sarmates, mon mari. Soit ! Toutefois,  un crime que je regrette car il me rendit si odieuse aux yeux de tous mes sujets, qu’ils me mirent dehors.
Néanmoins,  le Soleil me transporta dans mon char jusqu’à la côte de l’Etrurie qui prit alors mon nom pour devenir le Cap de Circé, et l’île d’Ea devint mon lieu de résidence.
Ce fut là que je pus parfaire mes talents. Je changeai en monstre la jeune Scylla parce que Glaucus l’aimait elle, moi qui l’aimais d’un amour si profond ! Je fis de même avec Picus, le roi d’Italie, que je changeai en pivert, parce qu’il refusait de quitter sa femme Canente et de s’attacher à moi. D’ailleurs cette pauvre infortunée de Canente en éprouva tant de chagrin, qu’à force de se lamenter, un jour elle disparût pour de bon dans les airs.
Mais en outre,  Ulysse me plaisait pardessus tout. Alors, pour le complaire, j’ai déployé à son égard tous mes artifices. Ils n’ont été déjoués que grâce aux recommandations de Mercure et au secours de Minerve ! Pourtant, j’ai quand même pu l’attirer dans les pièges de mon amour. Ainsi, pour le satisfaire,  j’ai accepté de rendre leur forme première à mes compagnons que j’avais métamorphosés en bêtes ; Ulysse resta un an avec moi et j’eus deux enfants de lui, Agrius et Latinus.
Et sachez enfin que, malgré ma perfidie, mes philtres, mes maléfices, j’ai été mise au rang des dieux. Dans l’île d’Ea, on m’adorait et j’avais un monument dans une des îles Pharmaeuses, près de Salamine.

  

La fable de Circé qui changeait les hommes en brutes par ses séductions et ses enchantements, est une allégorie devenue aussi populaire que l’expression « Compagnons d’Ulysse ».

 
  
 

Image parVinson Tan ( 楊 祖 武 ) de Pixabay
Image parEnrique Meseguer de Pixabay

Sources : Selon l’œuvre de Commelin, mythologie grecque et romaine

6 commentaires

  1. Waouh tu m'as bluffée sur ce coup là!!! Si je m'attendais à une si brillante participation toi qui te prétend si nulle !!! J'ai adoré ton poème qui même me parle beaucoup aujourd'hui ;)Merci beaucoup pour ta participation et si je suis ici ce soir c'est parce que tu as publié ton article comme une pro sur la communauté ;)Bisous et merci!!!Domi.

  2. Bonjour, j'ai aimé cette poésie, les « J » vu par toi sont magnifiques et t'ont inspirés bonne journée bien amicalement MTH

  3. Le J est une source d'inspiration, plaisir d'écrire et d'être lue,Merci MTH pour le passage, bonne journée à toi.

  4. J'aime ce J tout en poésie.Bonne soirée.

  5. Waouwww … j'ai bien fait de passer par la communauté des nuls pour arriver à te trouver (le lien lié à ton pseudo sur mon blog mène à un blog fermé) Ton poème est plein de douceur et de délicatesse … de tristesse aussi, mais c'est bien ce qui, à mon sens, est le propre du « Pierrot » Bravo pour ta participation qui m'a beaucoup émue. A bientôt, au plaisir de te lire encore …

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