Introduction à la condition du Chrétien : l’être, l’agir et les comportement chrétiens

L’unique Esprit

Force est de constater que le langage sur l’esprit Saint est à ce jour inintelligible pour beaucoup d’entre nous, qu’on ne peut même pas dire qu’un tel discours soit contesté. Mais un autre constat s’impose : la responsabilité de cet état en revient certainement aux abus auxquels le concept d’Esprit Saint a donné lieu à l’époque contemporaine, tant de la part de l’Eglise que des personnes croyantes.

Esprit profane et Esprit Saint

Quand les hautes personnalités ne savaient pas comment fonder leur prétendu savoir, ils se référaient à l’Esprit Saint. Quand des théologiens ne savaient pas comment expliquer une doctrine ou une parole de la Bible, ils en appelaient à l’Esprit Saint.

Alors, l’Esprit Saint, justification d’un pouvoir absolu en matière de doctrine et de gouvernement, justification du contenu d’articles pieux peu convaincants, ou d’une fausse sécurité dans la foi ? Il n’en était pas ainsi avant, dans l’antiquité, ni même au moyen âge. Cet excès est un développement tout-à-fait moderne, né d’une part des utopies du temps de la Réforme et d’autre part, de l’attitude  en retrait des grandes Eglises qui ont cherché à enrayer la critique rationnelle.

 

LE PROGRAMME

L’Esprit de Dieu et de Jésus-Christ est essentiellement un Esprit de Liberté : en fin de compte, liberté par rapport à la faute, à la loi, à la mort; liberté et courage d’agir, d’aimer, de vivre dans la paix, la justice, la joie, l’espérance et la reconnaissance.

Les épîtres de Paul sont remplies de cette liberté. Mais la question est celle-ci : cette liberté est-elle une réalité ?

Voici ce que le programme d’Hans Küng, ( auteur allemand qui n’a pas écrit « Être Chrétien » parce qu’il se considère comme un bon chrétien, mais parce qu’être chrétien représente à ses yeux une chance exceptionnelle. Un ouvrage qui joue un rôle de guide dans le conflit qui oppose l’Eglise des années 1980 et de la Société actuelle), peut répondre :

« Depuis les temps de Paul jusqu’à nos jours, la liberté des fils et des filles de Dieu n’a cessé d’être très concrètement attestée, expérimentée, vécue ; elle l’a été le plus souvent dans la discrétion, par les petits plus que par les grands, et sous une forme qui échappe au constat direct de l’historien.

En dépit de toutes les défaillances et de toutes les carences de l’Eglise, depuis l’époque apostolique jusqu’à nos jours, d’innombrables croyants n’ont cessé de saisir cette liberté dans la foi et l’obéissance, de la vivre dans l’amour et la joie, de l’éprouver, de la conquérir et de l’attendre dans l’espérance et la patience. 

Par cette liberté, une foule d’inconnus n’ont cessé de retrouver courage, soutien, force et consolation dans leurs décisions, leurs angoisses, leurs dangers, leurs aspirations et leurs espoirs.

Ainsi, en tant qu’Esprit de l’avenir, l’Esprit de liberté pousse les hommes vers l’avant : non vers un au-delà de compensation, mais vers une mise en œuvre actuelle, au sein de la vie de tous les jours et jusqu’à l’achèvement, dont nous n’avons dans l’Esprit que les arrhes. »

 

 

 

Image parRichard Revel de Pixabay

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