i
Les jeux de hasard et d’argent ont une très vieille histoire. Parmi les découvertes archéologiques de l’ancienne Babylone (3000 ans av. J.-C.) sont apparus des objets très vraisemblablement utilisés pour les jeux de hasard.

 

 

 

  1. Dispositions légales concernant les jeux d’argent

Pourquoi joue-t-on ?

 

UN PEU D’HISTOIRE SUR UNE PRATIQUE FONDAMENTALE A L’INDIVIDU

Offrandes. A Rome, dans les grandes calamités, on offrait à certains dieux un banquet, coutume venue de la Grèce et primitivement d’Égypte. Ainsi que des statues disposées sur de somptueux tapis devant lesquelles on dressait des tables parfumées et remplies de mets.

 

Les jeux publics. Selon la croyance populaire, les dieux, sensibles aux plaisir de la table, devaient l’être aussi aux divertissements publics ou jeux. Chez les Grecs, les sacrifices représentaient bien un motif de leur institution; toutefois, les exercices dont ils se composaient établissaient entre les nombreuses villes sélectionnées une rivalité d’où le sentiment religieux était exclu. Ces grands spectacles n’étaient en réalité que des concours nationaux où chaque cité rivalisait dans ses promesses aux vainqueurs.

Vue politique. Ces jeux publics concrétisaient de bons résultats. Ils créaient des liens entre tous les peuples de la même race, et participaient à l’éducation de la jeunesse. Les exercices physiques, la course, la lutte, le pugilat, le tir au javelot, la lance et l’arc, la danse même étaient pratiqués dans tous les gymnases de toutes les cités. L’athlète admis à concourir devait être un homme libre. Les prix ne venaient que des citoyens. Les jeunes tentaient donc d’acquérir toutes les qualités requises pour la présentation au concours. Les peuples étrangers étaient également admis dans ces concours, et leur participation était reconnue très valorisante.

 

En Grèce, existaient quatre jeux solennels : Les Isthmiques, les Néméens, les Pythiques et les Olympiques

 

Tous les trois ans. Les deux premiers se célébraient périodiquement au printemps sur des plaines situées dans l’isthme, près de Corinthe, sur la lisière de la forêt de Némée, dans le voisinage de Delphes, et enfin à Olympie, en Elide. En l’honneur de Neptune, d’Hercule, d’Apollon et de Jupiter.
Vaincre cinq fois. Les Eléens, chargés de la police des jeux, plaçaient chaque peuple autour de la plaine et classaient athlètes et concurrents par catégories. Après le sacrifice offert à Jupiter, les jeux s’ouvraient par le pentathle, réunion de cinq exercices : la lutte, la course, le saut, le disque et le javelot ou le pugilat. Dans ce premier concours, il fallait avoir vaincu dans les cinq exercices pour remporter le prix; une seule défaite suffisait pour s’avouer vaincu.

 

La course à pied. La course des chevaux et des chars se déroulait sur un ou plusieurs jours. Enfin dans l’intervalle des luttes et des courses, avaient lieu les concours de danse, de musique, de poésie et de littérature. La durée entière de tous ces jeux était de cinq jours. A Olympie, le vainqueur obtenait en récompense une couronne de chêne; dans les autres jeux, il recevait à Delphes, une couronne de laurier, à Corinthe et à Argos, une couronne d’ache. L’athlète couronné aux jeux Olympiques rentrait triomphalement dans sa ville par une ouverture donnée aux remparts.
Femmes romaines

L’interdiction faite aux femmes d’assister aux jeux Olympiques. Avant de combattre, l’athlète se frottait d’huile et s’avançait dans l’arène sans aucun vêtement. Il était défendu aux femmes, sous peine de mort, d’assister aux jeux olympiques, et même de passer l’Alphée pendant tout le temps de leur célébration. Cette défense fut si exactement observée, qu’il n’arriva jamais qu’à une seule femme, une spartiate de transgresser cette loi. Et encore cette femme nommée Callipatira était une Spartiate qui, ayant préparé son fils à combattre, avait voulu, sous un déguisement d’homme être témoin de sa victoire. Le cas fut jugé exceptionnel, et, traduite en jugement, la femme fut acquittée.

 

Les jeux publics. A Rome ainsi qu’en Grèce, les jeux publics se célébraient durant la belle saison, ils étaient fort nombreux et toujours célébrés en l’honneur de quelque divinité. Mais la politique y prenait autant de part que la religion. Les magistrats, organisateurs de ces jeux, se préoccupaient moins d’honorer les dieux que de gagner les suffrages du peuple. Pour l’organisation des divertissements, ils puisaient à pleines mains dans le trésor public et même certains dépensaient à ce genre de spectacle leur propre fortune. Tellement avides qu’ils ne parviennent pas à réaliser que devenir riche va leur coûter leur liberté.

 

Rome et son armée d’esclaves. Dans les jeux de la Grèce, c’était des hommes libres qui venaient dans l’arène disputer le prix de l’adresse, de l’élégance, de la Grèce de l’agilité et du courage. Le peuple Romain n’avait sous ses yeux, dans le cirque que des esclaves, des mercenaires et des gladiateurs. Il s’agissait des jeux solennels, voués par le sénat à l’occasion de quelques faits extraordinaires impératifs ou ordonnés par les ministres du culte à la suite de présages menaçants ou heureux.

 

Combats cruels et mortifères. Ils se passaient en plein air, il s’agissait de toutes sortes de luttes, la course à pied, à cheval et en char. Jeux on ne peut plus cruels, véritable combat à mort entre les adversaires, parfois les combattants étaient aux prises avec les bêtes féroces. Dans ces jeux, la satisfaction du peuple se bornait à suivre les péripéties d’une lutte sanglante. La gloire de la victoire ne sortait guère de l’amphithéâtre, aucun embrasement des cœurs et de ces égorgements barbares, la jeunesse ne retirait aucune leçon de saine moralité.

Aimer jouer

NOUVELLE

Fédora

N’en était-il pas de même pour Fedora avec le casino ? Quand elle l’avait décidé, le  Pharaon d’Egypte lui-même, n’aurait pu l’empêcher d’y jouer ! Ô lutte combien inégale ! on ne va jamais au Casino sans espoir et talisman dans le cœur. Et pourquoi pas avec six médailles de la Vierge entremêlées au poignet ?

Un bracelet lilas, en forme de couronne que Fédor lui avait acheté lors de son passage à Dresde. « Il te portera chance », lui avait-il dit ; « Je te décore Fedora » ! Elle qui risquait les salles de jeux, les poignets libres, les manches altières, devant les habitués. Mais ses yeux ne s’émerveillaient que sur les tas d’or qui s’amoncelaient. Car on gagne aussi au casino ! pourquoi irait-on pour perdre ?

Les surveillants la regardaient Fedora et même s’ils avaient été honnêtes, ils auraient confessé qu’elle faisait partie de celles ou ceux qu’un monstre habitait. « Oh ! ce n’est pas pour nous qu’elles sont là, ce n’est pas nous qu’elles aiment, ce sont les machines ! « . Silène, le Dieu de l’ivresse, la traversait. Allons, encore trois cent euros, prélevons, prélevons ; il va doubler la mise !

Tu es bien ignorante Fédora ! Il t’aurait juste suffit de regarder Fédor rendre les billets, le lendemain au croupier.  Ou tout simplement de voir s’ennuyer dans ces lieux. D’entendre ce qui se disait le soir à la sortie. « Quelle misère ! Mais comment vais-je faire à présent ! Pourquoi y suis-je retourné ! » Pour ne plus jouer.

Un jour, Fedora avait bousculé des joueurs pour arriver plus vite jusqu’à la nouvelle machine. Là, elle avait regardé des rangées de chiffres fluorescents. Les lumières éparses s’éteignaient et se rallumaient tout autour. Elles enflammaient le cerveau d’un groupe de joueurs masculins qui ne tenaient plus en place et criaient : « Il va tomber, il va tomber, on l’aura bien mérité » ! « Quoi ? Qui « ? avait simplement dit Fedora avant de s’asseoir les yeux brillants. Comme on aurait intégré une communauté pour retrouver son enfance.

Au début du jeu, elle parlait encore comme ça aux casinotiers.. :  « Après tout, qu’ont-ils tous contre le jeu ? » Et c’est alors qu’ils lui répondaient « C’est le seul moyen légal de gagner de l’argent avec le travail ! Je suis bien d’accord avec vous … ». Pourtant,  plus le jeu avançait, ensuite moins elle parlait.  Même cette dame blonde qui se tenait à sa droite n’obtenait plus de réponse.

Mais tout bien pesé, elle s’évadait Fédora ! Elle n’avait jamais aimé les contraintes, ni les règles en général, celles que les autres avaient transgressées allègrement autour d’elle, tout au long de son existence. Comme ceux qui n’ont jamais eu de passeport, elle semblait n’avoir jamais eu d’identité. Quand d’autres la cherchaient dans leurs racines, l’ombre qui ne la quittait jamais était sans attaches. Si elle contemplait son image, elle aurait très certainement voulu en voir une autre.
Mais quand elle commençait à perdre, elle implorait Joci, divinité qu’elle aimait, pour laquelle elle vouait une véritable fascination car elle la croyait capable d’intimer l’ordre aux puissances supérieures divines de changer son destin ! « Vous êtes les dieux qui président à tous mes agréments, de mon corps, de mon esprit, laissez-moi gagner.

Et quand elle avait tout perdu, elle allait expliquer en partant, au grand brun en smoking qui se tenait à l’accueil, qu’elle allait s’interdire, que le Casino volait les joueurs !

Fedora avait presque vidé le pot rempli par l’hôtesse du guichet, soigneusement maquillée. L’ambiance était sombre, elle ne voyait plus ses mains. Les Euros défilaient ; puis, à l’arrivée de deux curieuses qui s’étaient amusées à la frôler, le tas d’or avait encore baissé.  Alors, Fedora avait cru  que c’était passager ; elle avait continué : « ce ne sont pas ces deux femmes, derrière, qui vont ramasser ». Fedora avait toujours aimé le conflit, l’adversité lui plaisait. Au même titre qu’elle défendait sa vie, ici c’était le même combat. Elle défiait un adversaire,  se mesurait à lui, exigeait de vaincre et de gagner…!

 

Malheureusement elle perdait, mais quel feu d’artifice néanmoins cet endroit. Elle aimait tant les étoiles éphémères au plafond et les fêtes !  Un espoir vibrait en elle de réussir enfin une combinaison gagnante. Au dernier rouleau non aligné, à son mari qui l’attendait, elle jetait de dépit : « De quoi te mêles-tu, je veux gagner ! »***

Mais à présent,  l’argent filait plus vite que la lumière et Fedora, qui se considérait comme une joueuse occasionnelle, étincelait de fureur et de rage ; le sol commençait à se dérober sous ses pieds, dans l’ambiance rouge et noire du Casino. Elle croyait devenir la plus maudite de la terre ; ses amis lui avaient bien dit qu’elle perdrait et cette séance était en train de le prouver. Comme elle appelait les Dieux pour qu’ils lui viennent en aide, elle invoqua le visage dégradé de l’ancienne Directrice d’établissement qui s’était ruinée dans les jeux !.

Et le pot diminuait encore et encore, quand son angoisse atteignait son paroxysme. Une ribambelle de chiffres animés qui refusaient de s’aligner et de faire tomber les pièces dans le bac, dansaient au-dessus des figurines de pin-ups, installées sur les panneaux à l’intérieur des machines, comme les lutins de la fin pour mieux la narguer. Même son bien -être s’envolait.

***

Quelle triste idée, encore une fois,  avait-elle eu de prendre sa voiture pour fuir les problèmes avec son voisin de palier,  avec ces maudites machines ? Elles vont me tuer. Elle tremblait de frayeur. Elle serra sa rose blanche … plus que neuf pièces immaculées, les dernières… elle ne voulait pas entrer au royaume des morts où règnait le Dieu Hadès.

Son pot était complètement épuisé. Mais ce qu’il y avait de plus admirable chez elle, ce qui éclipsait tout le reste, c’était que demain elle y retournerait !

Et puis, selon elle le hasard n’existait pas . Ce n’était pas un Directeur de conscience qui lui indiquerait le contraire. Elle était parfaitement capable de gagner au Casino ce que son employeur irascible lui refusait !.

Allez-donc raisonner un esprit tourmenté et une conscience devenue absente …***
La rose en bouton de son corsage commençait à se faner depuis son départ de la fleuriste, une pétale tombait sur son poignet que son voisin de machine essayait d’attraper. Dans le vert des tapis de velours appartenant au Groupe de casinotiers latins., il la consolait.

Ô vous, habitants de lieux de hasard, générateurs d’exemples à ne pas suivre, de satisfactions éphémères, de peines familiales, en Grèce et à Rome, les jeux publics avaient un caractère religieux. Ils apaisaient la colère des dieux, ou les remerciaient de leurs bienfaits. Mais dans la foule dense d’un casino, on n’a plus la force d’éliminer ses rivaux quand la fête est terminée.

« Misère, j’ai tout perdu aujourd’hui, mais mon âme aussi ».

 

 


Sources Mythologie  : Inspiré de Commelin, mythologie grecque et romaine

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.