Les boules

 Billes et boules

Portrait de l’Empereur Charles avec un bâton, par Juan Pantoja de la Cruz. Copie d’un portrait réalisé par Titian (Tiziano Vecellio, 1490-1576).

 

Connu des Grecs et des Romains, le jeu de boules était si généralement pratiqué en France au Moyen Âge que Charles V l’interdit par une ordonnance de 1369 ; les contrevenants étaient passibles d’une amende de 40 sous parisis. Le roi aurait voulu y substituer les tirs à l’arc et à l’arbalète. Malgré la défense, on y joua plus que jamais.

Turenne aimait fort le jeu de boules. Un jour qu’il regardait des artisans en train de jouer, ceux-ci qui ne l’avaient pas reconnu, le prirent pour arbitre d’un coup litigieux. Son jugement déplut à l’un des partenaires, qui l’injuria. Des officiers survenus alors s’étonnèrent, en lui donnant du « Monseigneur », de le voir traité de la sorte. L’artisan, confus, se jeta à ses pieds. Turenne le releva en lui disant « Mon ami, vous deviez être poli envers qui que ce fût, et surtout à l’égard d’un juge que vous aviez choisi et qui, croyez-moi, ne voulait pas vous tromper. »

 

A la fin du XVIIIe siècle naquit, avec le goût pour les jardins anglais, la vogue des boulingrins, de l’anglais bowling-green. Le gazon serré comme un tapis permettait de jouer parfaitement aux boules.

Au XIXe siècle, les boulistes ont inspiré de nombreuses caricatures.

LA PÉTANQUE

 

 

Durant les beaux jours et la période des vacances les jeux en extérieur représentent une saine source de distraction. La pétanque est un jeu de boules dérivé du jeu provençal, un sport principalement masculin (seulement 14 % de licenciées femmes en France), néanmoins, il s’agit d’un des rares sports où des compétitions mixtes sont organisées.

 Le jeu

Le principe de la pétanque est le même que celui de la lyonnaise. Il s’agit toujours, pour chaque joueurs ou chaque équipe, de placer ses boules le plus près possible du but. Toute boule mieux placée que la meilleure boule de l’adversaire compte pour un point et la partie se joue en un nombre de points convenu. L’équipe qui ne possède pas la boule la mieux placée (celle qui ne tient pas le point) continue à jouer tant qu’elle ne l’a pas repris ou détruit.

Comme dans la lyonnaise encore, lorsque deux boules touchent le but, ou en sont également éloignées, c’est au dernier joueur à lancer une nouvelle boule, puis à son adversaire, et ainsi de suite alternativement, tant que le point n’aura pas été gagné d’un côté ou de l’autre.

Mais à la différence de la lyonnaise, dont le terrain est délimité de façon précise et soigneusement aménagé, la pétanque peut se pratiquer n’importe où, sur une route, un terrain vague, et même un sol accidenté et rocailleux. L’emplacement du but n’étant pas fixé une fois pour toutes, le jeu est extrêmement mobile. Les joueurs n’en sont que plus tenus de connaître par le détail dans quelles conditions le but doit être lancé et peut se trouver annulé, ainsi que les sanctions à appliquer lorsque but ou boules se trouvent arrêtés par un joueur ou un spectateur, accident très fréquent sur un terrain quelconque.

Éléments

Les boules réglementaires sont de deux sortes : ferrées à petits clous, ou métalliques. Leur diamètre varie de 7 à 9 cm et leur poids ne doit pas dépasser 900 grammes.
Le but, appelé familièrement le petit, est de bois. Son diamètre peut aller de 25 à 35 mm.

Points et nombre de joueurs

Dans les concours officiels, les équipes sont composées de trois joueurs ayant chacun deux boules qu’ils fournissent eux-me^mes, et les parties se disputent en 12, 13 ou 15 points.
Les parties amicales se disputent généralement en 13 points lorsque les joueurs sont trois contre trois ou quatre contre quatre, avec deux boules, et de 15 points à deux contre deux ou un contre un, avec deux ou trois boules.

Terrain

Si l’on pratique la pétanque en tous lieux, les joueurs peuvent néanmoins convenir de certaines limites au-delà desquelles les boules et le but, pénétrant en terrain prohibé, seraient perdus.
Aussitôt le but lancé, aucun obstacle, serait-ce la moindre pierre ou racine, ne doit être enlevé, déplacé ou écrasé entre le cercle où se tient le joueur chargé du jet de but et le but lui-même.

Position des joueurs

Le terrain compris entre le but et le point de départ est interdit à l’adversaire, qui doit se tenir soit près du but, soit en arrière du joueur, à une distance d’au moins 2 mètres.

Jet de but

Au début de la partie, un joueur quelconque de l’équipe désignée par le sort pour relancer le but choisit le point de départ et trace sur le sol un cercle de 35 à 50 cm de diamètre. Il s’y tient les pieds joints perpendiculairement à l’objet tiré. Tous les joueurs, au cours de la mène (ensemble des coups qui dépendent d’un même jet de but), se placeront à tour de rôle dans ce cercle.
Par la suite, le jet de but reviendra à l’équipe gagnante, la base de départ étant l’emplacement du but à la fin de la mène précédente.
Le but doit être lancé à 6 mètres au minimum et 10 au maximum. Ce port réglementaire est mesuré à partir du bord du cercle le plus rapproché du but. En dehors de ces limites, le but est perdu. Il l’est également :

  1. Quand il s’arrête à moins de 50 cm d’un obstacle (mur, arbre, etc.);
  2. Quant il se trouve en terrain prohibé;
  3. Quand, de l’intérieur du cercle, on ne l’aperçoit pas sans se pencher;
  4. Quand il est masqué par un obstacle autre qu’une boule.

L’équipe chargée du jet de but a droit à trois essais consécutifs. En cas d’échec, il revient à l’adversaire, qui le lancera dans les mêmes conditions.
Si, après que le joueur a lancé le but et pointé sa première boule, l’adversaire fait connaître que le but est perdu, celui-ci doit être lancé de nouveau; mais si l’adversaire a joué une boule le but est considéré comme bon et le coup accepté.

But perdu

Au cours de la mène, le but projeté en dehors du port réglementaire n’est pas perdu. Il l’est en revanche si, après avoir été tiré et frappé, il revient dans le cercle.
A ces deux exceptions près, les règles sont les mêmes que lors du jet de but.
Quand le but est perdu, pour quelque raison que ce soit, deux cas peuvent se présenter :

Il reste des boules à jouer dans chaque équipe; Le coup est nul et à refaire.
Une seule équipe a encore des boules à jouer : Les points marqués comptent et toutes les boules doivent être jouées, mais uniquement sur le terrain de jeu, jamais en terrain prohibé.
Dans l’un et l’autre cas, le but est lancé, pour la mène suivante, du point où il se trouvait avant d’être perdu.

But ou boules arrêtés

Lorsque le but lancé est arrêté

  1. Par un spectateur, il conserve sa position s’il se trouve dans le port réglementaire, sinon il est relancé;
  2. Par l’un des joueurs, il est relancé et ne compte pas dans les jets de but.

Lorsque le but tiré et frappé est arrêté

  1. Par un spectateur, il conserve sa position;
  2. Par un coéquipier du tireur, il est, au gré de l’adversaire, remis à sa place primitive ou maintenu à l’endroit où il se trouvait immobilisé;
  3. Par un joueur de l’équipe adverse, deux cas se présentent :

Si l’équipe adverse n’a plus de boules, toutes les boules restant en main comptent pour des points, ainsi que les boules déjà jouées. Si l’équipe adverse a encore des boules, le joueur lésé pourra placer le but où il voudra, mais toujours au-delà du point où il a été arrêté, c’est-à-dire sur le prolongement d’une ligne qui irait de la position initiale du but à sa position d’arrêt.

Lorsqu’une boule, quelle qu’elle soit, est arrêtée

  1. Par un spectateur, elle conserve sa position;
  2. Par un joueur de l’équipe à laquelle elle appartient, elle est nulle;
  3. Par un joueur de l’équipe adverse, elle peut, au gré du joueur, être lancée de nouveau ou laissée à son point d’arrêt.

Règles générales

A l’inverse de la lyonnaise, le tir et le pointage n’étant astreints à aucune règle, le nombre des coups sujets à contestation risque d’être plus élevé.
C’est par conséquent l’intérêt des joueurs de marquer l’emplacement des boules et du but.
Dans la mesure des point, s’ils peuvent enlever momentanément un obstacle qui obstruerait le passage du but à la boule.
Tout objet qui, sans toucher le sol, est adhérent à la boule ou au but compte pour la mesure.
Le soin de mesurer revient d’abord à l’équipe qui a joué la dernière. L’adversaire a le droit de mesurer après elle.
Toute réclamation doit être faite sur chaque coup. Le joueur qui lance sa boule après avoir mesuré un point contesté reconnaît de ce fait que le point ne lui appartient pas. Le point est également perdu pour celui qui, en mesurant, déplace le but ou l’une des boules au préjudice de l’adversaire. Si un arbitre, en mesurant un point, déplace le but ou une boule les points sont considérés comme égaux, et c’est le dernier joueur qui devra jouer de nouveau.
Une boule lancée sans tenir compte du règlement est annulée, et tout ce qu’elle a déplacé dans son parcours doit reprendre sa position.

 

Publicités

Une réflexion sur “Les boules

  1. Kikou!Nous, quand on joue, on simplifie un poil toutes ces règles, on est plus basiques! 🙂 Ce qui compte c'est le plaisir!Ici le beau temps revient, les joueurs sont déjà de sortie sur les places! 🙂

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.