L’avenir de la planète Terre

La longue histoire de la planète Terre a débuté voici quinze milliards d’années. Les géologues ont essayé de reconstituer cette aventure à partir de faits, mais aussi au travers de nombreuses hypothèses. Que sera demain ?
Coucher de soleil en inde

A TRÈS LONG TERME, LA MORT DU SOLEIL

Les étoiles naissent, croissent et meurent. Les réserves d’hydrogène de notre Soleil nous assurent encore cinq milliards d’années de ses bons et loyaux services : Homo sapiens sapiens aura disparu depuis longtemps. Puis avec l’épuisement de ses réserves d’hydrogène, le Soleil va commencer à brûler son hélium en carbone et en oxygène : il va devenir une géante rouge, son volume va croître et sa surface se refroidir lentement. Midi aura la teinte de nos aurores ou de nos crépuscules mais notre planète ne se refroidira pas. Bien au contraire l’accroissement de la surface de notre Soleil rouge va surcompenser son refroidissement.

Sur la planète Terre, l’augmentation de température va provoquer la fusion des calottes glaciaires, une élévation du niveau marin et la création d’une épaisse couverture nuageuse. Du pôle Nord au pôle Sud une végétation luxuriante s’installera. Puis la température poursuivant son inexorable augmentation l’atmosphère s’évaporera, les cieux redeviendront clairs et la végétation s’enflammera, la biosphère sera réduite en cendres.

Le soleil va fondre. Poursuivant son implacable dilatation, le Soleil va en quelques centaines de milliers d’années fondre puis vaporiser tout à tout Mercure, Vénus, la Terre et Mars. Puis à leur tour les planètes extérieures se volatiliseront : notre Système solaire sera devenu une nébuleuse planétaire comme celle de la Lyre. L’agonie définitive nous laissera le coeur dénudé du Soleil, une « naine blanche », et la matière de notre planète, vaporisée, retournera au milieu interstellaire.

Ouvrez vos yeux en été ! A partir de là, comme il y a 4,6 milliards d’années, de nouvelles nébuleuses vont s’assembler, dans lesquelles de nouveaux soleils vont naître et de nouveaux cortèges planétaires s’individualiser. C’est un cycle, dont les étapes nous sont dessinées sur la voûte céleste par les claires nuits d’été.

 

La trajectoire du Soleil (âges indiqués en milliards d’années) recoupera le domaine des géantes rouges, puis celui des super-géantes et finira sa course dans celui des naines blanches.

LE MOYEN TERME : LA PLANÈTE TERRE FIGÉE

Cela fait peur, non ? Le moteur thermique de la planète utilise comme carburant énergétique les éléments radioactifs à demi-vie longue. Bien que pour certains d’entre eux la période puisse atteindre des dizaines de milliards d’années, leur concentration dans la géosphère est faible. Tôt ou tard (et il est impossible aux professionnels pour l’instant de dire quand), la machinerie géodynamique de la Terre s’arrêtera.

Mais avant que nos plaques s’immobilisent, les mouvements actuels vont se poursuivre :
– l’Atlantique continuera de s’ouvrir,
– l’occlusion de la Méditerranée s’effectuera lentement mais sûrement,
– l’Australie n’arrêtera pas sa marche vers le Nord,
– le rift est-africain deviendra un étroit océan qui libèrera un « radeau somalien »,
– et ainsi de suite…
De nouvelles déchirures apparaîtront, mais nous ne savons actuellement ni où, ni quand.

Une étendue zonale. Quand toute l’énergie thermique sera épuisée, les dernières orogenèses seront soumises à l’aplanissement. En quelques dizaines de millions d’années la planète Terre aura perdu tous ses reliefs. Les continents deviendront de vastes pénéplaines analogues à certaines régions actuelles appartenant à de vieux cratons. Volcanisme et séismicité disparaîtront et la circulation atmosphérique ne sera plus entravée et guidée par les reliefs montagneux : les climats seront parfaitement zonaux. Mais notre géosphère figée n’empêchera pas la survie de la biosphère.

A COURT TERME, LA BIOSPHÈRE ET L’HOMME

Biosphère. Dans le monde actuel, la médiatisation des découvertes scientifiques (celles de la biologie en particulier), fait croire que l’Homme est en train de bouleverser son évolution et celle de la biosphère qui l’entoure. Ce message est à replacer tout-à-fait dans un contexte double, celui de la biosphère et celui de l’Homme.

Nous polluons nos nappes. La biosphère actuelle est un énorme système naturel auto-régulé dans lequel l’Homme ne représente qu’une infime fraction pondérale mais dont l’action est importante. L’Homo sapiens sapiens amènent bienfaits mais aussi nuisances. Aujourd’hui, les interactions « Homme-biosphère » sont nombreuses, à toutes les échelles et à tous les niveaux. On manquerait de recul et d’une certaine vision globale pour estimer objectivement leurs effets : ne protégeons-nous pas certaines espèces en voie de disparition (et ceci de façon naturelle) ? … tout en polluant l’atmosphère et nos nappes phréatiques. Quel que soit son futur, la biosphère survivra à l’Homme.

Charbons et pétroles. Enfin, un dernier aspect concerne l’utilisation par l’Homme d’énergies non renouvelables (comme les charbons et les pétroles), exploitation relativement récente (début du XIX è siècle) mais sujette à des crises et forcément limitée dans le temps. L’Homo sapiens est une espèce particulière qui n’évolue plus dans les conditions naturelles de la planète Terre.

Le Roi Homo sapiens sapiens. C’est une espèce qui influence sans cesse les modalités de son évolution. Depuis longtemps, depuis sa sédentarisation, l’Homme cherche à éviter les lois contraignantes de la sélection naturelle : les vaccinations, la protection de la mère et de l’enfant, la maîtrise de la reproduction, les règles sociales, … sont autant d’outils qu’il s’est créés. La question de savoir s’il les utilise à bon escient est une question qui relève de domaines différents de ce qui est exposé dans cet article. Quoiqu’il en soit, les techniques biologiques d’aujourd’hui, inventées demain, font et feront qu’Homo sapiens sapiens détient les rênes de son évolution.

***

Le problème de l’avenir de l’Homme ne se pose plus en termes naturalistes mais décisionnels : quels choix ? pour quelle histoire future ? Un vaste programme n’est-il pas vrai mais bien passionnant.

Remerciements à J.M. Caron de Lyon, A. Gauthier d’Ajaccio, A. Schaaf de Strasbourg, J. Ulysse, J. Wozniak de Chateauroux, de leurs enseignements sur la planète Terre.

 

Une réflexion sur “L’avenir de la planète Terre

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