Un voyage au coeur de l’Amérique

1908 La fileuse

La fileuse

Seulement… si nous remontons des années avant, de 1903 à 1913, des millions d’immigrants européens débarquent dans le port de New York. Google est un géant magnifique mais, comme d’autres pays, il a son armée des ombres. Pour beaucoup, le rêve américain tourne au cauchemar : entassés dans des logements insalubres, ils connaissent la misère. Pour survivre, toute la famille doit travailler. D’après le recensement de 1910, deux millions d’enfants entre 10 et 15 ans triment dans les usines, les mines ou les exploitations agricoles, dix heures par jour, six jours sur sept. Il faudra attendre 1938 pour qu’une véritable réglementation du travail des enfants voie le jour aux Etats-Unis.

Entourée de bobines. En elle, tout sent le labeur, pourtant la petite fille a l’air très digne. Cernée par deux rangées de bobines à fil, elle pose en fixant l’appareil. La photo a été prise en 1908 dans une filature de Caroline. Le photographe se nomme Lewis Hine ; il travaille pour le National Child Labor Committee (NCLC), une organisation militant pour l’abolition du travail des enfants.

Le travail de Lewis Hine. Pour sensibiliser l’opinion publique, il faut des preuves : la photographie est son arme. Pendant dix ans, Hine sillonne les Etats-unis : il s’introduit dans des mines en Virginie, des verreries en Indiana ou des champs de coton du Sud. Pour tromper la vigilance des patrons, il se fait passer pour un courtier en assurances ou un vendeur de bibles.

La petite fileuse se laisse photographier. Dans sa poche, un petit carnet, où il note furtivement quelques informations : « Mart Payne, 5 ans, cueille dix kilos de coton par jour ». Bien souvent, il évalue l’âge des bambins en comparant leur taille au nombre de boutons de sa veste qu’il a minutieusement mesurée. Pas un de ses 5000 clichés, pris dans l’urgence, avec peu de lumière qui ne soit habité par ce lien de confiance : comme celui de la petite fileuse de Caroline qui échappe à la surveillance du contremaître, pour interroger la conscience américaine, par objectif interposé.

 

***

L’Amérique médiatise à outrance les faits. En regard à ces oligopoles que sont devenus Google et autres géants américains, nous ne pouvons ignorer certains faits. Ils sont inconciliables avec des situations monopolistiques. Impossible de se défendre d’ignorer ces exploitations d’enfants dans l’Amérique de la fin du siècle. Les fruits qui arrivaient sur leurs tables étaient cueillis par des enfants employés illégalement en Californie.  Espérons que les avancements informatiques des géants d’aujourd’hui, permettront de faire oublier les aberrations du passé. Disons que les moteurs de recherche, poussés à leurs degrés suprêmes, restent la forme de renaissance qui les sauve.

Sources : Le grand livre des marques Ed. Cherche Midi
(C)Lewis W. Hine La fileuse

5 réflexions sur “Un voyage au coeur de l’Amérique

  1. Commentaire de Daphnée du 22 avril 2012Kikou Geneviève ! quel contraste entre cette petite fille de 5 ans et son époque et celle du Géant Google dont pour ma part je suis utiliZatrice très souvent ! très bel article comme toujours !Gros BiZous ! Daphnée

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  2. Commentaire de Catherine du 22 avril 2012kikou,ma belle;googel j'adore.tres beau article.je te souhaite un tres bon dimanche ma belle

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  3. Commentaire d'Ardwen du 21 avril 2012Un très bel article très instructif!C'est vrai que nous pouvons disposer de presque toutes les informations que l'on peut vouloir chercher, et même celle que l'on ne cherche pas!Cependant, il ne faut pas prendre pour argent comptant la première info trouvée, et tenter de la valider par diverses sources, car parfois, tout n'y est pas si juste que cela!Cependant, il est vrai, nous avons tous – pour ceux qui sont connectés- la plus grande bibliothèque du monde à domicile! 🙂

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