Voyage en Egypte

Chaleur du continent

Les Coptes. Si vous allez au Caire, surtout ne manquez pas le musée Copte. Et je n’ai pas omis de m’y rendre. Mais l’histoire des Coptes est compliquée. Les voyageurs de retour d’Égypte ne manqueront pas d’évoquer le musée Copte, entre autres merveilles qu’ils auront vues. En général peu de personnes osent demander « mais qui sont donc ces Coptes ? » Ou encore « c’est quoi être Copte? ».

Voici les réponses au fil des questions que j’ai pu glaner ici et là.

Qui est Copte en Egypte et qui n’est pas Copte ? Donc, les Coptes ne seraient rien d’autre que les Egyptiens de souche purement égyptienne. Copte vient du mot Aegyptoï qui servait aux Grecs pour désigner les Egyptiens. La population actuelle de l’Égypte compte 88 % de Coptes, la plupart islamisés, 6 % d’Arabes, le reste étant constitué par les Berbères.

Cependant, on peut se poser la question, quand on parle des Coptes, des moines, des couvents, des icônes, des tissus, des sculptures coptes … de quels Coptes parle-t-on ? Alors la réponse qui m’a été donnée est qu’on fait en général allusion aux représentants de l’ancienne population égyptienne préislamique christianisée.

Actuellement, les Coptes chrétiens seraient environ 6 millions en Égypte. Bien que d’autres sources indiquent qu’ils ne représentent qu’un dixième de la population. Leurs ancêtres furent évangélisés par saint Marc au début de notre ère. Il faut également savoir que les Coptes chrétiens appartiennent à différentes confessions. C’est ainsi que 100 000 Coptes environ sont convertis au catholicisme, d’autres sont orthodoxes et protestants. En réalité, il est très important de connaître les Coptes. Car pour un observateur étranger, ils jouent le rôle de passeurs entre les deux rives de l’Egypte : celle, antique des Pharaons et celle, moderne du monde arabe. Sans les Coptes, on quitterait Akhénaton (roi Amenophie IV, mari de Nefertiti, 1372-1354 av. J.-C.) en pleine apothéose pharaonique, prosterné aux pieds du Soleil pour retrouver Saladin (sultan d’Egypte et de Syrie qui entra à Jérusalem en 1187) au cœur du Moyen-Age islamique. Et pourtant, il s’en est passé des choses entre-temps !

A moins de quatre siècles précédant la naissance du Christ, l’Egypte perd sa brillante stabilité qui dura près de 25 siècles. Passent les Assyriens, les Perses, les Grecs, les Romains, les Turcs, les Albanais. Irrésistiblement, l’Islam s’installe en Égypte. Les Coptes restent, les Coptes témoignent. A un peu plus de 3 000 ans de nous, Moïse est sur le Sinaï. A un peu moins de 2 000 ans, Jésus Christ naît à Bethléem. En l’an 622, avec Mahomet, commence l’ère musulmane. Que d’incidents dans le cours du temps ! Que d’impassibilité dans le cours du Nil ! C’est à travers cette impassibilité qu’il faut voir l’Egypte. Sous l’écorce d’un tumulte historique, politique et religieux, les Égyptiens sont restés Égyptiens. Jugez plutôt.

Au printemps a lieu la plus grande fête de l’année : le Cham et Nessim. Elle date de l’Egypte des Pharaons. Le jour de sa célébration est fixé au lundi de la Pâque copte. Cette fête est célébrée par tous les Égyptiens dans la même allégresse, sans le moindre discernement religieux. Les Coptes sont d’abord Égyptiens, après, ils sont Coptes chrétiens.

Voici encore un « petit savoir copte en 5 leçons » de Jacques Van Den Bossche pour la manière, sans se tromper, de reconnaître un Copte.

Deux cas se présentent selon que vous êtes en ville ou à la campagne. En ville, le signe le plus facile à déceler naît de la conversation. Si vous avez affaire avec quelqu’un parlant couramment l’anglais il y a des chances pour qu’il soit Copte. S’il vous parle en un français très correct, ces chances s’évaluent à 99 sur 100. Maintenant, arrangez-vous pour connaître son prénom : s’appelle-t-il Osiris, Horus ou bien encore Jean-Marc ? Les prénoms, qu’ils soient empruntés à l’Egypte pharaonique ou chrétienne, sont une bonne indication. Ensuite, profession. Si, en plus de satisfaire aux deux tests précédents, votre présumé Copte exerce une profession libérale : (avocat, médecin, professeur) ou encore artisanale (joaillier, horloger) et qu’il ne fait pas de politique, alors à coup sûr, il est Copte. Autre cas, vous êtes dans un village de campagne en face d’un fellah. Est-il Copte ou non ? Rien apparemment, ni dans le vêtement, ni dans le visage, ne vous permet de le déceler. Il existe pourtant un indice qui ne trompe pas. Regardez sa main : si une petite croix grecque y est tatouée en bleu, pas d’erreur, votre fellah est Copte. En haute Égypte, une proportion très importante de fellahs est restée copte.

Le copte est-il une langue difficile à parler et à écrire ?

En vérité, depuis le XIIIe siècle, les Coptes ne savent ni parler ni écrire copte. Ils apprennent l’arabe, souvent l’anglais, parfois le français, ce qui est très bien porté, mais le copte, jamais.

A moins évidemment d’être voué au sacerdoce. Car le copte demeure en tant que langue liturgique, ce qui – soit dit en passant- ne favorise guère les adhésions religieuses qui se font de plus en plus en faveur de l’Islam parmi les nouvelles générations. A son origine, le copte était une langue populaire, langue utile, pratique, dont il ne faut pas s’étonner, si, selon le lieu où elle était en usage, elle prit la forme de différents dialectes.

Il existe cependant une littérature copte classique. Elle est essentiellement à caractère religieux, en particulier la traduction de la Bible occupa longuement les moines coptes. Cette littérature s’élargit ensuite sous la plume d’auteurs inconnus qui donnent libre cours à leur imagination dans des récits utilisant une trame religieuse où s’entremêlent des évènements aux détails naïfs et merveilleux.

En ce qui concerne l’art, pour dire si une icône est copte ou byzantine, voici à priori un problème difficile, pourtant il suffit d’observer :

Le point essentiel est de savoir que – contrairement aux apparences – l’art copte n’est pas un accommodement hasardeux de l’art pharaonique et de l’art musulman. L’art copte est original, il prolonge le Gréco-romain en utilisant des sources d’inspiration purement égyptienne. Sans doute parce qu’il émane d’une minorité, son expression reste discrète, subtile, assez peu populaire à vrai dire ; l’art copte n’en est pas moins remarquable. Il se manifeste principalement à travers les icônes et les tissages. Une icône copte se reconnaît dans sa simplicité, lignes droites et courbes tracées nettement, absence de demi-teintes, mais de beaux à-plats de couleurs. Les cernes, les indications de relief sont donnés par des traits dans la même teinte que les à-plats, plus clairs ou plus foncés. Bien peu d’anciennes icônes ont été retrouvées. L’une des plus célèbres se trouve au Louvre. Elle représente le Christ protégeant saint Menas. Les tissus coptes sont de véritables tissages, au contraire des tissus anciens égyptiens qui étaient soit peints, soit brodés à même la toile. Il existe deux catégories de tissages : l’un monochrome où les sujets sont traités en noir ou pourpre sur fond uni, l’autre polychrome qui utilise une douzaine de couleurs.

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